Affichage des articles dont le libellé est modernisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est modernisme. Afficher tous les articles

vendredi 31 janvier 2014

Honneur à Melle Hey.

Après toute une année ensemble, ciel que le temps passe vite, il est grand temps de vous parler d'elle.

Il y a quelques temps elle cherchait sans grand succès un nouveau compagnon, nous la regardions de loin, ne pouvant nous résoudre à franchir le pas et à l'aborder. 
Elle resta longtemps silencieuse et dans l'attente.
Tandis que la perspective du trajet quotidien pour la rejoindre 'West Yorshire-Seine et Marne'  nous rendait encore plus hésitant, elle semblait avoir finalement rencontré quelqu'un.
Après vérification, et maintenant que la chose est officielle, c'est donc résigné que nous vous la présentons, et puis rassurés aussi...Rassurés car il est bon de savoir que l'heureux élu  avec qui elle s'est définitivement casé est un parfait inconnu. Sinon imaginez notre profond sentiment de jalousie mêlé à la frustration si, un matin, le téléphone sonne et que vous nous invitez à vous rejoindre dans la soirée pour prendre un drink? 


Il est donc temps, comme nous vous le disions de vous présenter un des plus beaux manifestes de l'architecture d'après guerre. Mesdames, Messieurs, une ovation à Melle Farnley Hey :


(vous ne pensiez tout de même pas qu'il s'agissait de la blonde en robe jaune?)





Construite en 1952 Farnley Hey est l'oeuvre de l'architecte Peter Womersley et est sans aucun doute la maison moderne la plus célèbre d'Angleterre.




Womersley offre cette maison à son frère en cadeau de mariage (on ne choisit décidément pas sa famille), elle est une des premières maisons de l'architecture moderne à avoir été classé en Angleterre. 
Elle mélange les matériaux traditionnels, bois et pierre, à ceux de la modernité,  verre opaque et Formica, pour un résultat absolument délicieux.



Très peu de propriétaires se sont succédés, après le frère de l'architecte, un couple* à occupé la maison durant 50 années; tous respectant le style moderne de la demeure. Aujourd'hui encore, la maison n'a rien à envier à ses jeunes années.





Vous croiserez plus souvent ce type d'architecture  en Californie que dans le West Yorshire, mais gageons que Melle Hey,  dotée de tels attributs saura réchauffer même le plus frileux d'entre nous.




*Les photos ont été prises chez Mr & Mrs Battye, qui ont donc acquis la maison quelques années après sa construction au début des années 60. Ils l'ont alors meublé uniquement avec du mobilier moderne de l'époque... Constatons que même celui-ci est lui aussi absolument étincelant!

vendredi 27 décembre 2013

Traumatismes post opératoire.


Etant donné que l'on se sent bien dans le Parc, et que les cartes postales nous ont ouvert l'appétit, restons-y.


Le travail de Jacques Beufé sur cet ensemble résidentiel est caractérisé par l'utilisation de matériaux propre aux années 60. L’aluminium et le verre trempé pour la façade préfabriquée; l'omniprésence du teck  à l'intérieur.  La cohabitation avec ces matériaux est tout à fait plaisante au quotidien si l'on reconnait leur aspect esthétique. Mais surtout si l'on est sensible à l'architecture des années 60-70.
Ce qui semble être le cas de peu de personnes sur les quelques 600 logements.

L'intérieur des appartements, particulièrement pensé et bien agencé , est la partie du travail de l'architecte ayant subi le plus d'outrages de la part de ses occupants.

Un intérieur en 1968 :


Notre appartement, en 2013:


Petit tour d'horizon des appartements en vente sur le bon coin... Alors? Architecture conservée ou pas? Sortez les mouchoirs.

Saluons l'utilisation des petites vagues en MDF (rayon travaux manuels chez Cultura) pour le dessus des portes.




Sans doute une envie irrépressible de poutres.


Des comme ceux ci, il y en a certainement des centaines...
Bien entendu, les goûts et les couleurs ne se discutent pas (on nous le rabâche assez souvent)
Mais ce que nous trouvons dommage, outre le fait de se penser suffisamment bon en décoration/agencement intérieur pour saloper le travail de Beufé, c'est de priver les futurs occupants de son génie. Ces appartements saccagés, n'ayons pas peur des mots, ne retrouveront jamais leur aspect originel. 

L'extérieur n'a pas encore subi de modification, mais une étude est en cours pour virer cet horrible aspect 70 qu'ont les immeubles. Pourtant le choix de Beufé n'était pas anodin, l'aluminium et le verre trempé ne nécessitent pas de ravalement, un simple coup de Karcher et c'est reparti.
D'autres immeubles semblables aux nôtres, notamment à Massy, ont déjà été modifié à l'extérieur. Et comme dirait Audrey Lamy, 'C'est pas joli joli'



Bien entendu au niveau des façades, il est également question de gain en isolation thermique et phonique. Les modifications comme  celle ci-dessus, visent également à concurrencer les constructions récentes, notamment lors de la revente des biens.
Or, n'y a t-il pas une différence entre quelqu'un de 50 ans en paraissant 30 et une personne de 30 ans? N'est ce pas perdu d'avance?
N' est-il pas plus intelligent de mettre ses atouts en valeur plutôt que de vouloir à tout prix se fondre dans la masse et faire table rase du passé?
Nous vient alors à l'esprit cette comparaison: la chirurgie esthétique.
On modifie l'existant au lieu de faire avec et de l'entretenir.
Au final, la conclusion est souvent la même...

'elle n'aurait pas dû y toucher, elle était mieux avant'.



samedi 12 octobre 2013

Mr Beufé


On ne peut plus aujourd'hui, ne pas penser  à lui, ne pas parler de lui, ne pas s'informer sur lui.
Il est celui qui a matérialisé, bien avant que l'on existe, ce que nous allions chercher, ce dont nous allions rêver.


C'est avec honneur que le Strict Maximum vous présente MR Jacques Beufé, apparemment autant surpris que vous.



Bon nombre d'immeubles, de grands ensembles, ont bénéficié du savoir faire de leurs architectes, de leurs visions avant gardiste, de leurs envies de faire évoluer les choses, et les conditions de vies.
Beaucoup. Mais si je m'attarde, si je réfléchis, peu ont  reçu le traitement que l'architecte du Parc de l'Aulnay à offert à ses appartements.

Avant 'd'acheter Vaires' comme on le dit souvent (ce qui vous en conviendrez est une image légèrement exagérée) nous avons visité bon nombre d'appartements dans des immeubles sixties, mais les intérieurs étaient dénués d'âmes. Ils n'avaient absolument rien de sixties dans leur conception et dans les matériaux utilisés, même pas la moindre poignée de fenêtre à nous mettre sous la dent... Ce qui fait la différence avec notre résidence.

Donc, c'est tout naturellement que nous vouons un culte à notre architecte, Mr Jacques Beufé.

Une nouvelle catégorie apparait désormais sur le Strict Maximum, 'Beufé Jacques', qui vous permettra d'en apprendre un peu plus sur lui, sur son travail, et pourquoi pas vous donner envie d'habiter chez lui. Mais pas chez nous car il n'y a plus de place.