mercredi 4 mai 2016

Quand Alvaar rencontre Louis.

Le Strict Maximum à fait un tour du côté de Bazoche. S'y trouve le seul et unique édifice en France du célèbre architecte finlandais Alvaar Alto: La maison Louis Carré.


Grand galeriste passionné d'art contemporain, Louis Carré acquiert en 1956 quatre hectares de terrain sur une colline proche de la maison de son ami Jean Monnet, à Bazoche-sur-Guyonne, dans les Yvelines. Il a pour but d'y faire construire une villa.


Louis Carré souhaite quitter le tumulte de la vie parisienne et ainsi profiter de la campagne toute proche avec sa nouvelle chérie Olga Burel.

Le couple Aalto et le couple Carré 

A cette époque Carré vit à Paris au 24 rue Nungesser et Coli. Cette adresse ne doit pas vous sembler étrangère puisqu'il s'agit de l'adresse de notre cher Le Corbusier. Les deux hommes sont donc amis-voisins, mais Louis Carré apprendra chez Le Corbu à ne plus aimer le béton et à fuir les toits terrasses, pas encore spécialement au point niveau étanchéité.


Sur les conseils d'Alexander Calder, il contacte l'architecte finlandais au style moins radical mais encore peu connu en France: Mr Alvar Aalto.
Séduit par la qualité des espaces de ses réalisations finlandaises, Louis Carré passe commande d'une villa avec quelques exigences simples: une toiture d'ardoises comme dans sa Bretagne natale et des pièces de vie capables d'accueillir également ses collections, histoire de joindre l'utile à l'agréable.


En 1955, après des échanges épistolaires (ancêtre du texto) , les deux hommes se rencontrent à la Biennale de Venise où Aalto inaugure son pavillon pour la Finlande.
Le courant passe immédiatement entre l'architecte -en pleine maturité de son art- et le galeriste prospère, défenseur respecté de l'art moderne.


La construction est réalisée en parpaings habillés de brique de pierre calcaire.
La toiture reçoit des chêneaux de cuivre terminés de gargouilles qui rejettent les eaux dans des bassins circulaires. Les avancées de la toiture, remarquable de légèreté, sont supportées par des piliers de cuivre emplis de béton. Ils sont recouverts d'un habillage de lames de teck.




Les espaces intérieurs font largement appel au bois, matériau de prédilection d'Aalto. Frêne, chêne, pin, hêtre habillent les portes et les claustras ainsi que le sublime plafond vague de l'entrée. 

Afin d'être certain du résultat, l'architecte fait déplacer tous les corps de métiers avec lesquels il travaille habituellement en Finlande.





La villa, conçue autant comme un écrin pour les collections d'art contemporain de Louis Carré que comme un lieu de repos en famille, est remarquable par la fluidité des déplacements et la perfection de la lumière.



Aalto conçoit des éclairages raffinés, tant naturels qu'artificiels. Il dessine et fait réaliser les multiples lampes à éclairage indirect qui animent les pièces.




Meublée des créations de l'architecte, la maison sera cédée par les héritiers d'Olga Carré à l'association Alvar Aalto en France. 
Conservée sans aucune altération du plan original, ainsi qu'avec la totalité de son mobilier, elle offre à nos yeux le modèle sensuel d'un art d'habiter nordique.




Le jardin, aujourd'hui dominé par les frondaisons, à perdu son apparence originelle et ses vues sur la campagne qui ont guidé l'architecte dans l'élaboration de son projet.
La piscine et ses vestiaires construits plus tard, entre 1961 et 1963, sont dans un triste état.
Après la mort de Louis Carré, Olga se retrouve seule et ne peut assumer l'entretien de cette partie de la propriété.


La villa est classée au titre des monuments historiques depuis 1996. Elle est ouverte au public depuis 2007.

Le Strict Maximum vous recommande fortement la visite. Et si en plus vous pouviez tomber sur la même guide que lui, votre visite n'en sera alors que plus délicieuse tant la passion anime cette personne.
Mais le SM ne peut vous donner son nom car malheureusement, il l'a oublié.

1 commentaire:

  1. Avez-vous vu qu'elle sert de cadre à un clip de Jain, pour la chanson "Come" ?

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