lundi 13 février 2017

Assemblage.



On ne va pas vous faire la météo mais il fait un temps magnifique aujourd'hui, l'occasion de faire quelques photos et d'expérimenter de nouveaux angles. Mais aussi de vous montrer des petites nouveautés gardées secrètes jusqu'ici... Le SM devient cachotier. 




Comme ci-dessus ce nouveau grès de Robert Deblander ou ci-dessous, cette sculpture "assemblage" de Bernard Thimonnier. 
Si vous aimez cette petite dernière, une exposition dédiée à l'artiste est actuellement visible à Paris dans le XXème arrondissement et ce jusqu'au 18 mars, Galerie Mercier et Associés. 











On se quitte sur une photo de la cuisine avec un petit peu de bordel vie puisque comme vous pourrez le constater, un carnet à croquis et une tentacule sont échoués sur les étagères. Vous en saurez bientôt plus, on ne peut tout de même pas tout se dire un lundi.

samedi 4 février 2017

Mingei.

"Ce qui est naturel, sincère, sûr et simple. Telles sont les caractéristiques du Mingei

Soestu Yanagi (1889-1961)

Vous avez sans doute cru un instant, tout comme nous, que Yanagi parlait du Strict Maximum, mais non, il parlait bien du Mingei. Essayons donc tous ensemble en ce 35ème jour de l'année afin de rendre supportable les 330 qui suivent, d'en savoir un peu plus sur le Mingei.

Le terme Mingei est issu des mots minshû (peuple) et kogei(artisanat), l'artisanat du peuple donc. 
Le Mingei peut être vu comme une réaction à l'orientation du design et des arts décoratifs japonais de la première moitié du XXème siècle, trop influencé par la découverte des arts occidentaux.
Développé par le penseur Soetsu Yanagi et plus tard par son fils Sori Yanagi refusant le luxe, l'apparence et la sophistication technique de l'artisanat aristocratique, le seul alors considéré au Japon.

Kawamato Goro - vase en grès

Le Mingei entend révéler la beauté simple des objets d'usage quotidien et leur dimension spirituelle; vaste programme.

Soetsu Yanagi, Bernard Leach, Shoji Hamada.

Ses initiateurs  réagissent  en réinterprétant les arts traditionnels japonais et sauvegardent des savoirs faire menacés de disparition. Sans pour autant tourner le dos à la modernité et ses techniques.
En atteste la venue au Japon de Bruno Taut, Charlotte Perriand et Isamu Noguchi alors émigré aux Etats-unis et leur influence sur le développement de la production design dès l'après guerre.


Isamu Noguchi - lampes en papier washi

Anonyme - Poupées bois dites Kokeshi 

Selon Soetsu Yanagi, un objet, pour être considéré Mingei -comme ici nous aimons pouvoir considérer que des objets sont "SM"- doit avoir été crée par des artisans anonymes, dans une optique qui ne soit pas directement commerciale. Cet objet doit rester pure par rapport à  sa fonction et être utilisé immédiatement après sa création. Comme le dit lui même Soetsu Yanagi : "son esthétique doit rester honnête par rapport à sa fonction"

Charlotte Perriand - lit en bambou et matelas tatamis

En 1926, avec l'aide de ses amis potiers Tomimoto, Hamada et Kawai, Soetsu Yanagi crée un musée consacrée au Mingei.
Cette action s'appuie sur la publication de la revue Kogei (sorte de Art et Décoration) ainsi que la création d'une société de soutien Nihon Mingei Kyokai dès 1934. La revue est conçue comme un objet d'esprit mingei avec ses couvertures en tissu artisanal puis son papier avec impressions laquées. La typographie y est soignée et son contenu répertorie minutieusement les collections réunies.



Koegi - couverture et intérieur d'une revue

Le fils de Soetsu, Sori Yanagi -pionnier du design après guerre au Japon- concilie plus tard une approche moderne avec une sensibilité pratique transmise par Charlotte Perriand.
Son siège butterfly (1953) est d'ailleurs pensé après avoir assisté Perriand lors de la conception de la chaise "ombre" inspirée de la calligraphie japonaise.

Sori Yanagi - tabouret Butterfly contreplaqué moulé et cintré.

Charlotte Perriand - chaise Ombre contreplaqué moulé et cintré.

Charlotte Perriand - présentation à Tôkyô en 1941

Tabouret transformable en siège d'enfant (utilisé par Perriand dans ses présentations après sa découverte chez le potier Kanjirô Kawai)

Comme son père l'a fait pour l'artisanat traditionnel, Sori Yanagi souligne la beauté du "design anonyme " Les JEEPS, par exemple sont en fait du "design anonyme". Il n'y a là rien de prétentieux, aucun effet de style ou quoique ce soit de semblable. Elles ont été crées en pensant aux fonctions de la guerre. Un autre exemple que je prends souvent est le gant de baseball constitué de deux parties de cuir lacées ensemble. Ce laçage est extrêmement important tant que l'on ne peut pas lancer la balle ou l'attraper sans lui. C'est fait pour le baseball. Voilà ce qu'est le "design anonyme"

Sori Yanagi devant le futur tabouret Elephant 

Sori Yanagi inspire les designers contemporains attaché à la notion de "super normal" comme le sont Naoto Fukasawa et Jasper Morrison pour désigner des objets dont l'efficacité et l'évidence s'imposent.
Enfin, Sori s'attache à démontrer l'importance du lien entre le designer et ses collaborateurs, entre le concepteur et le fabricant sans qui la création ne peut exister.

Samiro Yunoki - tissus teints (technique Katazomé)  

Sori Yanagi - série de plats en grès émaillé

Pour les Yanagi, la meilleure définition de l'objet Mingei est "la beauté de l'ordinaire" redoutant par dessus tout que la recherche du "beau pour le beau" ne détourne les artistes de l'artisanat en lequel ils voient la source de tout art.

Tanabe Chikuunsai - panier en bambou laqué

Shoji Hamada - assiette en grès

Bernard Leach - plat en grès 

De nombreux artistes proches du Mingei se sont progressivement éloignés de ces critères trop rigides notamment pour ce qui est de la non-commercialisation de l'oeuvre tout comme le caractère relatif de l'anonymat des créateurs.

Sori Yanagi - lampes en papier 


Arrangements floraux dit Ikebana

Le Mingei plaît particulièrement au Strict Maximum, sans quoi nous n'en causerions pas. 
Les choix esthétiques du SM auraient pu être guidés de près ou de loin par l'esprit Mingei. s'il n'a pas la prétention d'y comprendre quelque chose ou d'en saisir la subtilité.

            " un bon collectionneur est un second créateur"

et c'est pas le SM qui le dit, c'est Yanagi!

dimanche 29 janvier 2017

L'Art de la sieste.


Le Strict Maximum rentre de Puisaye où il a décroché les sculptures et dessins Ulrikk. Un séjour court mais axé autour de deux nouvelles visites.

La première: l'atelier du peintre Sancerrois Yves Martin. L'été dernier, au hasard de nos balades, nous tombions sur une brocante à Sancerre et plus particulièrement sur un stand très intéressant. Il était tenu par un personnage armé de sa gouaille et d'un mégot vissé au coin du bec. L'homme nous avait proposé de fouiller dans son garage (un véritable bric-à-brac du sol au plafond) à la recherche de la perle rare. Nous y avions débusqué deux fantastiques toiles abstraites -actuellement dans notre salon- qui s'avéraient être ses propres peintures! Non seulement nous trouvions ces tableaux fantastiques mais nous étions d'autant plus contents de rencontrer leur auteur. Nous sommes donc allés lui rendre une petite visite, l'artiste nous ayant promis d'aller à la recherche d'autres toiles dans son bazar. 


Nous y avons laissé une toile en réparation et sommes repartis avec un grand format qui était caché dans un coin. Mais heureusement, le Strict Maximum aime fouiller! Ce tableau date de 1974, juste après son passage aux Beaux Arts de Bourges.



La seconde visite: l'atelier de Lucien Petit à Boisbelle près de La Borne. Le SM suit son travail depuis quelques temps, il était donc dans l'ordre des choses de passer lui faire un coucou.




Lucien Petit, né en 1957 à Sancerre, travaille la terre dans un atelier retapé au fil des saisons. Béton ciré au sol, grande table de travail recouverte de zinc, des sculptures en cours séchant un peu partout, le feu qui crépite, des grigris près de la table de dessin... Un espace très ordonné et chaleureux, l'écrin de toutes ses créations organiques, minérales, architecturées. Une fois cuites, elles sont exposées près de la fenêtre. D'un parfait accord, des cactus se mêlent aux sculptures. A moins que ce ne soit l'inverse.



C'est dommage de les séparer tellement l'ensemble est cohérent. La décision se joue presque à pile ou face quand il est temps de faire un choix... Et puis des fois le choix est impossible et on emporte des sculptures qui se ressemblent!





Autre achat, cette boîte de Robert Deblander faisant partie de ses premières oeuvres en grès.


La journée s'est terminée par une longue sieste. Et avec des couleurs comme celles-ci au dessus de la tête, le SM peut vous dire qu'il voit la vie en rose (du ROSE, il y en a UNE voire DEUX qui doivent être contentes...)





vendredi 13 janvier 2017

We fade to grey.


Puisqu'une de nos lectrices le réclame et qu'il s'agit en plus de la plus claire obscure d'entre elles, le Strict Maximum dévoile ce soir de quoi assouvir son plus profond désir: connaitre la nouvelle teinte de notre cuisine.

La dernière pièce colorée de la maison a troqué son bleu/vert contre du gris pâle s'accordant bien mieux avec le grès et notre humeur.

Le SM ne peut pas vous faire davantage de photos, vous traversez la même saison, vous connaissez le problème... mais en voici tout de même un petit aperçu.



Nous avons encore un peu de travail (crédence) mais le résultat nous plait, et un SM qui se plait est un SM satisfait.

Pour l'avant c'est ici mais dieu merci ça c'était avant.


dimanche 8 janvier 2017

Sel & Cendres.


Le Strict Maximum profite de cette lumière hivernale dominicale pour mettre en scène sa dernière acquisition. Cette bouteille de Robert Deblander est la première que nous possédons avec un tel émaillage. Il semblerait que ce soit très exactement une glaçure à la cendre et au sel.


Et puis dieu merci, il existe des gens conservateurs (et généreux!) Il s'avère que les anciens propriétaires de cette bouteille possèdent également bon nombre de meubles de Pierre Chapo et... les catalogues qui allaient avec! De très précieuses archives pour le Strict Maximum. La découverte d'hier fût que la Galerie Chapo avait à son catalogue les Akari d'Isamu Noguchi et ça, ça fait vraiment plaisir de le savoir. Nous reviendrons à tout cela plus tard, le SM a une cuisine à repeindre. 







jeudi 5 janvier 2017

Défense de passer à côté.



Le Strict Maximum a entamé l'année comme il se doit, avec un bon bol d'Art. Le 1er janvier 2017, il a foulé le quartier de La Défense de long en large et en travers pour faire le parcours des œuvres d'art s'y trouvant. Et quel parcours ! Un véritable musée à ciel ouvert comptant plus de 60 œuvres monumentales en parfaite symbiose avec l'environnement. 
Mais voilà, les œuvres de Calder, Miro, César, Takis et les autres sont là depuis la création du quartier et tombent en décrépitude. Du moins "tombaient" car comme vous le verrez sur les photos ci-dessous, une restauration est en cours depuis l'année dernière. Elle est menée par Defacto - l’établissement de gestion de La Défense - avec pour unique but de valoriser le patrimoine. Ces œuvres ont été "posées dans le quartier sans jamais être valorisées” comme l'explique Marie-Célie Guillaume, la directrice de Defacto "Elle sont un élément majeur du quartier d’affaires. C’est un patrimoine exceptionnel; certaines œuvres n’ont jamais été entretenues, il faut leur redonner vie" Éclairage nocturne et signalétique au sol viennent compléter le tableau. 

Beau programme !

 Le bassin, Takis

 Stabile d'Alexander Calder



 Personnages fantastiques, Juan Miro

 Le pouce, César

 Escalier de Piotr Kowalski
 Église par Franck Hammoutène

 Sculpture fontaine de Louis Leygue




 Deux lignes indéterminées de Bernar Venet
 Le Moretti par Raymond Moretti
 Utsurohi de Aiko Miwayaki




Les Nymphéas / L'oiseau mécanique de Philolaos



Le CNIT, voute en béton armée de Nicolas Esquillan et façades vitrées de Jean Prouvé




Fontaine monumentale de Yaacov Agam