mardi 4 février 2020

Martinez.



Au proverbe chinois qui dit "Qui porte des chaussures ignore la souffrance de qui marche pieds nus",  le Strict Maximum répond "qui marche pieds nus ne connait pas le plaisir de porter des souliers Martinez"


Les souliers Martinez ont choisi les locaux du Strict Maximum pour illustrer la collection Automne-Hiver 2019/2020, ce qui donne naissance à des images léchées et délicieusement surannées. 
C'est donc début juin que nous avons accueilli une équipe composée de son créateur Julien Martinez, du photographe Virgile Reboul et de la sublime Adeline Petit dont les belles gambettes vont à merveille avec notre moquette.













Vous constaterez que le décor sied parfaitement aux souliers Martinez et vice versa.
Si les souliers sont à l'honneur sur ces photos, ce qui semble à peu près normal, au Strict Maximum nous sommes ravis que quelques objets parfois leur volent la vedette.







Au Strict Maximum nous sommes enchantés de cette rencontre et du résultat. Les souliers Martinez semblent avoir été créés pour les lieux et pouvoir ainsi trainer négligemment sur le sol. Nous ne regrettons qu'une seule chose, chausser du 45.

dimanche 12 janvier 2020

"C’est inutile de venir, je n’ai rien à vous montrer"

La rétrospective Faites entrer l'infini sur Elisabeth Joulia s'est terminée il y a quelques jours. Le vernissage a attiré des centaines de personnes, la rue principale de la Borne était noire de voitures. L'occasion pour certains de découvrir le village ou d'y revenir après des années voire des décennies. Joulia a fait déplacer les foules. Le Centre Céramique Contemporaine a terminé l'année en beauté avec l'exposition star de sa programmation 2019 en 150 oeuvres en grès ou terres enfumées, une quinzaine de bronzes et des oeuvres graphiques. Revenons sur l'évènement avec celui qui en est à l'origine : Joseph Rossetto. Commissaire de l'exposition et auteur de la monographie consacrée à Elisabeth Joulia, c'est au travers de ses mots que le Strict Maximum commence l'année. L'occasion pour lui de revenir sur ce projet et les souvenirs du temps passer à la Borne avec la céramiste.



Quelle est la genèse de ce projet de monographie sur Elisabeth Joulia ?
Il arrive qu’à la découverte de certaines œuvres nous ayons le sentiment de faire corps avec elles : elles entrent dans nos vies et nous savons que leur présence nous accompagnera pour le reste de l’existence. Certains artistes ont ainsi ce pouvoir de nous procurer un sentiment de joie et de conférer à chacun de nous une dignité immense. L’art est parfois une victoire sur la vie, le temps et sur tout ce qui est détestable dans le monde. C’est ce que j’ai ressenti devant l’œuvre d’Elisabeth Joulia. J’ai eu très tôt le désir de m’ouvrir le chemin de sa vie intérieure. J’avais besoin d’exprimer avec des mots le cheminement de cette grande artiste, de témoigner de toute une vie de création. Quinze années après sa disparition rien n’avait été encore écrit. Il était urgent de lui rendre ce qu’elle m’avait donné. J’ai donc demandé à son fils, Grégoire Schneider, de me confier ses archives, ce qu’il a fait sans hésiter. Alors, a commencé un long travail de recherches et d’écriture, une expérience intense…





Parlez-nous de votre premier contact avec son œuvre ?
J’étais interne dans un lycée de Toulouse. J’ai quitté le lycée une après-midi sans autorisation et j’ai aperçu pour la première fois des œuvres d’Elisabeth Joulia dans la vitrine de la galerie At Home. La transgression peut être bénéfique ! J’ai éprouvé un sentiment de joie, un désir nouveau. Je me renseignais et découvrais dans des revues l’existence de La Borne et ses artistes mythiques, Joulia, Lerat, Mohy… Mon objectif a été alors de m’y rendre le plus rapidement possible. C’est ce que j’ai fait dès que je suis rentré à l’Université. J’étais passionné depuis toujours par la sculpture et la peinture. Mais les créations de Joulia, avec de l’argile, me touchaient profondément, une attraction sidérale m’orientait infailliblement vers elles.

Une visite chez Elisabeth Joulia à la Borne, à quoi cela ressemblait-il?
Pour ma part, je dirai d’abord le sentiment d’impatience que je ressentais au fur et à mesure que j’approchais et plus particulièrement lorsque je franchissais la voûte des arbres jusqu’à cette clairière occupée par le village. Après voir franchi le petit jardin clos à l’entrée de la maison endormie dans la verdure indomptable, il fallait agiter la cloche très fort. Un rouleau de papier et un crayon étaient destinés aux imprudents qui n’avaient pas averti de leur visite. L’accueil était toujours chaleureux. Il y avait aussitôt le petit cérémonial du thé dans la petite cuisine qui communiquait avec l’atelier. Joulia observait très attentivement le bol que le visiteur choisissait, parmi ceux présentés dans une grande coupe. C’était une manière de connaitre la personne qui lui rendait visite. Joulia avait un regard acéré, en profondeur, poétique sur les objets et sur le monde. Parfois ses propos pouvaient être acerbes mais elle était d’une fidélité sans faille avec les personnes qu’elle aimait. Elle préférait écouter, entendre les engagements de chacun, notamment ceux qui soignaient ou éduquaient les enfants et les adolescents. Elle ne s’exprimait jamais sur ses œuvres, sur le sens qu’elle leur donnait. Et ses propos étaient dénués de toute forme d’intellectualisme dont elle avait horreur. Joulia était d’une grande humilité sur son travail. Puis c’était le moment tant attendu de la découverte des nouvelles œuvres dans une petite salle attenante ou dans l’atelier. Les sculptures, les bols, les théières s’offraient d’un coup. L’émotion était forte. Le regard tentait d’embrasser tout à la fois… Il était difficile de ne pas repartir avec une œuvre dans ses bras ou au pire de la réserver. C’était une façon de se ressourcer. On repartait alors vers un autre horizon, un horizon ouvert.

Photo prise à Rome en 1953 - Archives photographies Joulia

Dans son atelier, la Borne, 1951 - Archives photographies Joulia 

Photo prise au Maroc en 1956Archives photographies Joulia

Avez-vous une anecdote sur vos rencontres avec elle à nous raconter?
Ma première rencontre avec elle qui n’a pas eu lieu. Alors que j’étais étudiant, je passais un mois au château de Ratilly. Je voulais découvrir La Borne et voir à tout prix Joulia. Lorsque je l’ai appelé d’une cabine téléphonique près de sa maison. Elle m’a dit sèchement: « C’est inutile de venir, je n’ai rien à vous montrer ». Je suis reparti et l’hiver suivant, j’ai acheté deux magnifiques sculptures en grès blanc, à la galerie Jacqueline Blanquet à Paris. J’étais alors un sportif quasi professionnel et avec l’argent que je gagnais, j’achetais des sculptures. Qu’un footballeur lui achète des œuvres, cela a fait beaucoup rire Joulia. Elle m’appelait alors « L’homme à la moto » sans doute à cause de mes cheveux longs car je n’ai jamais eu de moto. Puis nous sommes devenus amis et je suis allé la voir plusieurs fois par an jusqu’à sa disparition.

Revenons à la monographie, vous avez eu accès aux archives pour la réaliser, qu’est ce que vous y avez découvert que vous n’aviez pas perçu lors de vos rencontres avec la céramiste.
J’ai été surpris par l’importance de l’œuvre céramique, graphique et poétique. J’ai découvert la vie intérieure d’une artiste, une vie d’ascète, une quête spirituelle qui rythme le renouvellement permanent de ces œuvres. Une douleur qu’elle exprime dans les poèmes, les brouillons de lettres, les fragments de journaux, cette douleur qui est toujours là autour d’elle. Elle ne sait pas si elle lui appartient, mais elle est là. J’ai découvert une belle jeune fille passionnée par la peinture, la sculpture, par la photographie, par les voyages et par la nature. Les archives gardent la mémoire de la quasi intégralité de ses créations, le plus souvent photographiées par elle-même. Durant toute sa vie, Joulia recherche une forme de vérité dans l’univers, qu’elle voit toujours en mouvement, dans un rythme sans trêve, comme celui de la mer. Son énergie – l’énergie est l’affaire de sa vie- rejoint celle de l’univers,  en une respiration profonde. Elle en perçoit les signes, qu’elle traduit dans ses œuvres. C’est sa façon d’espérer, d’avancer dans sa vie, d’avoir foi au présent. Les formes qu’elle crée suivent cette quête. Joulia cherche toujours des formes nouvelles, elle refuse de s’enfermer dans son savoir. Et ce moment de création est aussi celui du déséquilibre, durant lequel elle se dépasse pour trouver toujours quelque chose de nouveau. C’est sa vérité.

Comment s’est passé ce « retour à la borne » de l’œuvre de Joulia par le biais de l’exposition au CCC?
Le temps de la rétrospective est venu à la fin de l’écriture du livre. Il fallait réunir un ensemble d’œuvres qui permettent de suivre son parcours, sans qu’il n’y ait de manque majeur. Certaines sculptures sont à l’étranger et notamment aux Etats-Unis. Néanmoins, le nombreux public qui s’est déplacé à La Borne a trouvé que les pièces enfin réunies étaient très représentatives, impressionnantes, surprenantes, émouvantes. Pour ce qui me concerne, j’étais heureux du regard des anciens de La Borne, des amis de Joulia et de l’émotion partagée.





La monographie de l'exposition Joulia -Faites entrer l'infini- écrite par Joseph Rossetto est illustrée d’un grand nombre de photographies et de documents qui couvrent la vie et l’œuvre de l’artiste. C'est l'unique ouvrage existant à ce jour sur Elisabeth Joulia. 
Il est disponible au Centre Céramique Contemporaine de la Borne (et par correspondance) et dans les galeries Prisme et Terres d'Aligre à Paris.



Photos 1 et 3 de l'article: Joseph Rosetto

mardi 31 décembre 2019

Janus.



Savez-vous que c'est à Jules César que nous devons l'effervescence annoncée de ce soir? A peu près 46 années avant notre ère César décrète que le jour de l'An alors célébré en mars doit l'être le 01 janvier, journée dédiée à Janus, Dieu des portes et des commencements.
Les Romains représentent Janus avec deux faces, l'une tournée vers l'avant et l'autre vers l'arrière -un peu comme nous- et bien entendu vous l'aurez deviné c'est à Janus que janvier doit son nom.

Point d'effervescence de notre côté puisque que comme chaque année nous célébrerons cette transition en petit comité. Nous attendrons patiemment minuit pour le baiser sous le gui -avec Guy ça marche aussi- et ça reste la seule chose qui puisse nous tenir éveillés.
Nous fêterons également dans quelques jours nos 07 années d'activité au SM.
Nous verrons alors si comme en amour "07 ans ça passe ou ça casse" mais sachez que résolution est prise déjà d'être plus assidus en 2020 que nous ne l'avons été en 2019. Sans pour autant nous tuer à la tâche non plus.

En tout cas continuez de nous rendre visite car comme vous l'avez sans doute remarqué, au Strict Maximum on ne vieillit pas d'une année sur l'autre, on se renouvelle. 

Allez bonne année!



mardi 24 décembre 2019

Papa Noël fan-club.


La star du jour n'est autre que Papa Noël à qui nous consacrons chaque année une publication, bien que cela ne cadre pas toujours avec notre calendrier SM.
Vous êtes également des millions à le célébrer, à l'attendre, alors qu'en réalité nous ne le connaissons ni d'Eve ni d'Adam. On nous bassine avec lui depuis notre plus tendre enfance et nous bassinons ensuite à notre tour... Mais s'il s'agissait en réalité d'un tueur d'enfant, ce serait la tuile n'est ce pas?

Joyeux Noël comme vous dites.

C'est Charles Dickens qui popularise Papa Noël avec ses cinq livres de Noël. La publication du premier ouvrage "un chant de Noël" remonte à 1843, c'est dire si ça date.
En France, c'est George Sand qui le mentionne la première. Elle l'évoque en 1855, longtemps après sa rupture d'avec Alfred de Musset, ce qui nous amène à penser qu'il n'est pas le Père Noël.

Une des premières représentations tel que nous le connaissons aujourd'hui remonte à 1868 et il s'agit d'un dessin de Thomas Nast pour Harper's Weekly. A l'origine, le personnage était également représenté vêtu de vert. Cette couleur  rendant un peu trop difficile  la distinction d'avec les épicéas et le Grinch sera heureusement abandonnée.


Papa Noël dans sa version camouflage.

S'il est inspiré du saint Nicolas chrétien au moins pour son look, il est également assimilé à Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même mission que lui à la fête de la mi-hiver ("Jul" en Ikea) mais qui aidait également aux travaux de la ferme... Ce que ne fait pas notre Père Noël à nous mais qui pourtant pourrait l'aider à en finir avec son embonpoint. 


Julenisse au jardin.

Papa Noël existe donc depuis presque toujours et bénéficie d'une notoriété planétaire. Qui d'autres à part Dieu et Brigitte Macron peut en dire autant?

Pour l'heure, maintenant que lumière est faite sur le personnage, dégainons comme chaque année quelques clichés de ses admirateurs les plus hardis.


Difficile de patienter jusque minuit

Ah, c'est pas bio?!

A Noël, toutes les boules ne se valent pas.

Oups.

Un fer à repasser serait une très, très mauvaise idée.

 J'avais pourtant demandé épicéa.

Un père Noël attendu de pied ferme.

Allez, à l'année prochaine!



samedi 21 décembre 2019

MiLK


Il y a quelques années, Madeleine de Puisieux écrivait que si un peu de fierté était honorable beaucoup était détestable... voilà qui nous cause bien du tracas ce soir puisque nous nous trouvons dans le second cas. Non pas qu'au Strict Maximum nous accordions une importance particulière aux dires de Mme de Puisieux mais il nous parait ennuyeux que vous puissiez penser de même.
Il semblerait que si l'occasion fût donnée à Madeleine de prononcer ces mots c'est que jamais elle ne connu la fierté d'être dans le magazine MiLK.



Au Strict Maximum nous sommes absolument ravis -et fiers donc- de la nouvelle. 11 pages dans le MiLK Décoration n°30, nous n'en demandions pas tant, mais nous prenons!
C'est juste avant notre départ pour New York que nous accueillons dans nos locaux la charmante équipe du magazine accompagnée de la talentueuse photographe Sophia Van Den Hoek.
Nous n'avions pas de date précise concernant la parution si parution il devait y avoir. La surprise fût donc encore plus grande  quand le magazine nous confirme notre participation au numéro qui clôture l'année 2019. En même temps, ne l'avons nous pas amplement mérité?





Nous tirons régulièrement le portrait de notre intérieur mais cette fois ci il est fort agréable de le découvrir à travers l'objectif de Sophia. Un texte accompagne ses photos où il est sujet de notre rapport à l'objet et de notre amour des rencontres.
Nous n'en dirons pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir.








Si derrière votre clavier vous avez toujours rêvé de nous caresser du bout des doigts et de vous allonger confortablement à nos côtés saisissez donc cette occasion que vous offre Milk et courez vous procurer ce numéro forcément exceptionnel avant que l'excès de bûche pâtissière ne vous empêche de le faire.





crédit photo : Sophia Van Den Hoek.