lundi 15 janvier 2018

Antonio Lampecco.


Lors de son dernier périple Bruxellois à l'automne dernier, le Strict Maximum a fait l'acquisition de son premier Antonio Lampecco. Un vase boule à la microscopique ouverture (ci-dessus et à gauche) en se promettant de rendre visite un jour au talentueux céramiste.

Le Strict Maximum n'en est pas à sa première (ni sa dernière) visite d'atelier. Généralement, il découvre des espaces de tailles modestes et des céramiques de récentes cuissons avec en bonus, quelques  pièces plus anciennes si pièces plus anciennes il reste. Chez Antonio Lampecco, c'est une toute autre histoire. Jamais le SM n'a visité espace de présentation si important. Des volumes proches de ceux d'un musée où les pièces respirent et sont intelligemment disposées et mises en lumière. Stèles, vitrines, mobilier, rien n'est laissé au hasard.




Antonio Lampecco n'a pas toujours jouit d'un tel espace. D'abord employé à l'atelier de céramique de l'abbaye de Maredsous, il s'installe en 1957 à Maredret avec sa famille dans une modeste maison où est aménagé leur atelier. Par la suite, le succès venant, il s'installe dans une ancienne usine de confitures du village (l'espace actuel) La poterie Lampecco est aujourd'hui une affaire familiale. Antonio y travaille avec son fils Thierry qui assure la production utilitaire. 
Antonio Lampecco y réalise principalement ses célèbres vases à la minuscule ouverture. De toutes les tailles et aux multiples émaux. Des vases plus proches de la sculpture puisque vous pourrez difficilement y mettre plus qu'un épi de blé. A la question "pourquoi ses formes ventrues?", le céramiste nous explique qu'elles lui évoquent les fruits et légumes généreux de son Italie natale : pastèques, melons, courges... Quant à la petite ouverture, elle s'impose progressivement à Lampecco. Apprenti, on lui demande de réaliser des cabanes à oiseaux avec des ouvertures rondes de 5 cm de diamètre. Au fil des réalisations et par souci esthétique, il réduit volontairement l'ouverture, s'attirant ainsi les foudres de son maître.






Ces formes et ces ouvertures sont devenues sa marque de fabrique. Il produit également quelques pièces plus sculpturales : pyramides, totems et formes inspirées des montagnes italiennes. L'espace propose également des pièces utilitaires et d'autres plus anciennes. Les réserves regorgent de vases méticuleusement rangés par tailles et par couleurs. Chacun y trouvera son compte comme le témoigne les nombreux visiteurs repartant avec du Lampecco. Parfois sans le savoir car les Lampecco produisent des chopes vendues à l'abbeye de Maredsous.
Bref, une visite à vous en faire perdre la boule (mais avec une minuscule ouverture )










dimanche 31 décembre 2017

Transition.

Diable! Il ne nous reste que quelques heures avant le changement d'année et le Strict maximum n'a que peu de temps pour dresser le bilan de 2017.
Avant de s'attaquer à l'année 2017 du SM, on peut dores et déjà tirer le portrait de votre année à vous.

Google dresse chaque année le palmarès de vos recherches nous aidant à savoir ce qui vous  a réellement interessé. La déception est grande.

Si l'on en croit ces résultats, fascinés par Emmanuel Macron vous avez particulièrement apprécié manger une bonne tartiflette avachis devant  Games of Thrones tout en vous interrogeant vivement  sur la définition du mot oligarchie. Bien entendu la disparition de Johnny a été un coup particulièrement dur pour vous cette année.

Sachez qu'au Strict Maximum nous ne  prenons pas la décision d'orienter la teneur de ce blog en fonction de ces résultats -donc de vos recherches- ou alors 2018 s'annonce vraiment mal.


En attendant, nous espérons que vous êtes fin prêts à accueillir cette nouvelle année...


...car nous, pas du tout.




mercredi 27 décembre 2017

Charles Gaudry.







Vous avez déjà vu cette peinture il y a un peu plus d'un an sur le Strict Maximum, on ne va pas vous la faire à vous, fidèles lecteurs. La petite différence, c'est qu'elle est dorénavant accrochée dans notre salon et ça, c'est une excellente occasion de vous parler un peu plus de son auteur : le peintre et céramiste Charles Gaudry.

Charles Gaudry (1933-1980)


Parisien de naissance, Charles Gaudry passe son enfance à Saint Amand en Puisaye chez une grand-mère qui peint des miniatures sur porcelaine. Son père, ingénieur au Gaz de France, partage ses loisirs entre la photographie d'art et la poterie apprise dans les ateliers des maîtres artisans Lion et Pointu. Charles a de qui tenir, il sera lui aussi un artiste.
Après d'excellente études au Lycée Jacques Decour, il entre aux Beaux-Arts de Paris où il révèle des dons prometteurs et un talent de coloriste et de peintre, récompensé par plusieurs prix. Il voyage beaucoup, de Norvège en Finlande, puis en Autriche, en Allemagne et, bien sûr, en Italie. Pendant toutes ces années il vit de la vente de ses toiles, il mûrit sa technique, son savoir et forme sa main aux belles choses. Il se passionne pour le grès, la cuisson de l'argile, la fonte et l'émail. 







Gaudry revient vivre en Puisaye en faisant l'acquisition d'un ancien hameau de deux fermes. Retour aux sources faisant naturellement naître le désir déjà latent de faire de la poterie. Il sait déjà tourner mais quelques leçons plus tard pour se perfectionner, il se lance bientôt dans la réalisation de modèles qu'il a dessinés. Une grange est transformée en atelier et en 1968, Charles Gaudry commence à produire. Ses grès atteignent un niveau de qualité consacré par le succès qui amena leur présentation au 38e salon des ateliers d'art à Paris.







La modernité et la fonctionnalité de sa vaisselle rencontre un important succès à travers toute la France. Elle est distribuée dans des dizaines de points de vente et il n'est pas rare de tomber sur sa si reconnaissable signature aujourd'hui.




Signature de Charles Gaudry


Charles Gaudry s'intéresse de près aux travaux des potiers de Saint-Amand, vivants et disparus. Il sait tout sur Jean Carriès, Paul Jeanneney, Eugène Lion et Théo Perrot pour ne citer que les plus connus. Il a admiré leurs créations et rêve de réunir leurs pièces dans une exposition. Il le réalise en août 1969 en réunissant 400 ans de poteries sorties des fours des artistes et artisans Poyaudins. C'est tout naturellement que l'on s'adresse à lui pour réaliser un buste du maître Jean Carriès à Arquian.

Affaibli, Charles Gaudry cède son atelier à son personnel pour ne s'occuper que du magasin de Saint-Amand, investissant toute sa sensibilité d'artiste dans la poterie, l'homme se retranche peu à peu dans une vie de bohème et de solitude jusqu'à sa mort en 1980.

Collection de la Résidence B-B, merci à eux pour toutes ces informations et photos d'archives ;-)


samedi 23 décembre 2017

Noël 2017.


Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Ce Noël 2017 sera sans sapin au SM. Point de rebellion envers la tradition mais guère envie de voir l'arbre vert ou argent envahir l'espace pour 3 semaines. Donc, ce sera sans.

Par contre, c'est toujours un plaisir de le voir s'épanouir chez vous.

D'ailleurs, savez-vous que ce sapin autour duquel tout le monde se presse symbolise l'arbre de vie? Ses boules, la pomme croquée par  Bonnie et Clyde et ses guirlandes le serpent? Il était visiblement mal vu à l'époque d'être végétarien. Personnellement, nous aurions choisi le serpent.

Si le SM fait l'impasse sur la présence de l'arbre en ses locaux cette année, il est hors de question de faire l'impasse sur les photos de Noël.

Une fois de plus l'arbre est à l'honneur, et une fois de plus la femme aussi. 


Puisqu'on vous le dit Madame que la taille n'a pas d'importance.

 Ceci n'est pas un hélicoptère.

Un cadeau visiblement inattendu.

 Le sapin est sur la droite.

C'est toujours une telle surprise!

Human centipede.

 Un père Noël visiblement en forme ce soir là.

Allez... à l'année prochaine!


mardi 19 décembre 2017

Un café chez O'Keeffe?



En ce 19 décembre que nous passons à célébrer les Urbain, et 12 jours avant 2018, il nous semble nécessaire et urgent de vous parler de Georgia O'Keeffe.



Si ce nom ne vous dit rien, nous ne vous en voulons pas, si sa peinture ne vous dit rien non plus, nous ne vous en voulons pas plus.
Par contre il nous parait important que vous entriez dans son jardin, visitiez sa maison, oeuvre de toute une vie.
Alors O'Keeffe, c'est qui? 



Née en 1887 à Sun Prairie dans le Wisconsin et décédée près d'un siècle plus tard au Nouveau-Mexique, elle est considérée comme une des peintres modernistes majeures du XXème siècle.










L'artiste est principalement connue pour ses gros plans de fleurs qu'elle traite à la limite de l'abstraction.



Mariée en 1924 au galeriste Alfred Stieglitz, une façon de joindre l'utile à l'agréable, Georgia n'en demeure pas moins solitaire.
Désireuse d'échapper aux interminables étés passés au Lake George avec la famille et les amis de son époux, elle profite d'accompagner une amie pour s'éclipser au Nouveau Mexique. 



Séduite par l'aridité de la région qui lui offre des paysages spectaculaires Georgia y retourne chaque années jusque 1940.
La découverte du Nouveau-Mexique influence et oriente définitivement sa peinture.






En 1949, après la mort de son époux, Goergia décide de s'installer pour de bon au Nouveau-Mexique où elle possède depuis plusieurs années une maison et un atelier.


Là bas, se sentant parfaitement elle et chez elle, Georgia prend autant de plaisir à arranger et rénover son ancien ranch qu'à peindre les paysages qui l'entourent. 








Le Strict Maximum, en toute franchise, ne raffole pas de l'oeuvre de Georgia, mais admire tout de l'image de l'artiste qu'elle a lié à son oeuvre, jusqu'à en devenir une elle-même.


C'est surtout à travers ces clichés de femme solitaire, toujours en noir et l'air grave que le Strict Maximum connait O'Keeffe. L'image de la peintre est en complète contradiction avec sa peinture colorée, joyeuse et pleine de vie.


Les deux photos de Georiga les plus courantes sont celles où Georgia pose à côté de son mobile et porte sa broche "OK" d'Alexander Calder.



Il est temps maintenant de vous offrir le Home Tour O'Keeffe et vous comprendrez alors, peut-être, notre engouement soudain pour la dame en noir du désert.







Accro à Instagram.







Pour vous remercier de nous avoir accompagné durant cette belle visite, au Strict Maximum nous vous offrons quelque chose d'inestimable:


Le sourire de Georgia. Si, si regardez bien.