dimanche 19 mai 2019

Maître Jagoda.

Si en mai fais ce qu'il te plait, quand il pleut fais ce que tu peux. En ce printemps guère clément souvenons-nous de cette phrase prononcée un autre jour de pluie par Dolly Parton " Si tu veux l'arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie" alors supportons et attendons, mais certainement pas en sa compagnie.

Pour patienter nous lui préférons cent fois la grande Jagoda Buic, artiste textile née en 1930, originaire de Split en Croatie.

Jagoda Buic.

Jagoda Buic représente à elle seule le caractère unique de l'art croate de la seconde moitié du XXème siècle. Son oeuvre entière est dévouée à l'exploration des caractéristiques, possibilités et contraintes de l'Art Textile.


Hommage à Pierre Pauli, 1971.

Jagoda suit les cours de l'Académie des arts appliqués de Zagreb  et étudie l'histoire de l'art à la Faculté de Philosophie.
Elle quitte la Croatie en 1952 et s'installe en Italie. D'abord à Rome, où elle se forme à la scénographie dans les studios de Cinecitta puis à Venise où elle étudie l'histoire de la création du costume. Cette formation atypique s'achève à l'Académie des arts appliqués de Vienne.


Elle est pas belle ma robe?

De retour en Croatie, Jagoda travaille pour le théâtre national pour qui elle crée des costumes et décors. Elle participe également à d'autres projets pour l'opéra et le cinéma.
Ses diverses productions scénographiques pour lesquelles elle entame des recherches spatiales très contemporaines inspireront ses futures installations.


Arbres Bleus, 1972 (perso nous voyons des "arbres mauves")

A la fin des années 50 émerge le courant de la Nouvelle Tapisserie. Cet art poussiéreux jusqu'ici cantonnée à la sphère domestique est bousculé par de nouveaux artistes qui transforment radicalement les techniques de tissage en mêlant inspirations traditionnelles ainsi que matériaux modernes et inédits comme le cuir, le bois, le plastique et le métal. 


Pigeon blessé, 1968.

Jagoda et du fil à retordre.

Cet usage moderniste des arts textiles transforme le sens même de la tapisserie. Exit la tapisserie traditionnelle, bidimensionnelle, ultra-technique et bourgeoise, place à la tapisserie comme on l'aime, moderne, tridimensionnelle et subversive.



Fallen Angel, 1967.

En pionnière, Jagoda se consacre exclusivement à cette pratique dès 1959. Elle exprime dès ses premiers travaux la notion de troisième dimension alors inconnue dans ce domaine. Cela reflète l'interêt que porte Buic sur l'oeuvre et son environnement, la tridimensionnalité permettant plus facilement l'union des deux.

Intimement lié au corps et à l'espace, son travail est marqué par une pesanteur, une monumentalité et une texture reconnaissable entre mille.



Rudiments, 1969.


Flexion 2, 1971.


En 1965, lors de sa première participation à la Biennale de l'Art Textile de Lausanne, Jagoda impressionne les critiques. L'oeuvre présentée est immédiatement achetée par le Stedelijk Museum d'Amsterdam.
Propulsée sur le devant de la scène de l'art contemporain, elle devient très rapidement une figure incontournable de la Nouvelle Tapisserie.


Rire et tisser, c'est possible!

Ce qui botte Jagoda, ce sont les fibres naturelles telles que la laine et le sisal; les fibres synthétiques ayant un type de couleur et de structure différent.
Si sa gamme de couleur s'en trouve limitée -les couleurs dominantes des fibres naturelles étant principalement des noirs, bruns et autres tons de terre- elles lui offrent une souplesse de tissage inégalable.
Jagoda entend redonner l'autonomie à ses fibres favorites en les employant non seulement en tant que moyen de réaliser une tapisserie mais également pour leurs effets de couleurs et de textures à travers le tissage. 

Reflets blancs, 1977.


?, vers 1965.

Isabella, 1969.

En 1975 le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris expose des tapisseries de grandes dimensions et en 1977 le Centre National des Arts Plastiques fait l'acquisition de Formes banches, oeuvre composée de quatre colonnes tressées en sisal et laine, reliées entre elles par des vagues de tapisseries ondulantes créant ainsi par le mouvement un subtil jeu d'ombres et de lumières.



Formes Blanches, 1977.

Etude, 1979.

Les réalisations de Jagoda frappent par leur dimension architecturale. Tantôt haut reliefs ou véritables murs de fibres, ses tapisseries qu'elle qualifie de "monde pliable" expriment son attachement au matériau lui-même ainsi qu'aux nouvelles techniques d'entrelacements.

Jagoda Buic accompagnée de deux tisseuses. Croatie, vers 1977.

Revisitant les traditions folkloriques de son pays, elle ponctue ses immenses tapisseries -souvent monochromes- de gros bourrelets très tactiles qui sillonnent la surface. Ces bourrelets issus des techniques traditionnelles de tissage, Jagoda les détourne pour en faire une texture qui s'inscrit dans une architecture aux grands plis. De nombreux tissus sont directement commandés dans des ateliers locaux et confectionnés par des femmes expertes en techniques traditionnelles.

Triennale des Arts Textiles d'Hangzhou, année ?


Un système, 1975.

Si à partir des années 80 elle préfère utiliser des métaux dans ses sculptures et installations, elle s'oriente au début des années 2000 vers des collages de divers matériaux tels que cordes, papier, chanvre, carton.

Triptyque carré, 2016.


collage, 2014.

Jagoda Buic obtient en 2014 le prix d'excellence Vladimir Nazov pour l'ensemble de sa carrière, prix décerné chaque année depuis 1959 par le ministère de la Culture Croate. 
Agée aujourd'hui de 89 ans, le Strict Maximum ne sait si Jagoda pratique toujours son art, aucune information récente n'ayant filtrée.
Souhaitons-lui simplement de ne pas filer un mauvais coton.


mercredi 1 mai 2019

Martin Hammond.

Il y a de cela 4 ans, alors que nous découvrions encore la Borne et ses alentours, nous hésitions entre deux artistes pour effectuer notre second achat "céramique contemporaine" mais notre premier au "Centre céramique contemporaine la Borne". Souvenez vous ici.

Le choix fût difficile mais nous repartions avec une Brigitte Marionneau sous le bras et un Martin Hammond en tête à qui nous nous étions jurés de rendre visite prochainement.
Sauf qu'au Strict Maximum le "prochainement" peut être très soudain comme très lointain.
A notre décharge nous avons déjà tenté de visiter Martin mais son atelier n'étant pas clairement indiqué dans le village, nous sommes passés à côté.


Colonne de Martin Hammond, sculptures de C.Monchaussé et S.Garotte

Mais le destin reste le destin! 
Juste avant notre dernier week-end bornois, nous décidons d'envoyer un mail à Mr Hammond. Sa fille Judy nous répond et accepte de nous recevoir.
Heureux hasard car c'est en fait ce même week-end qu'elle décide aidée de ses frères, Francis et Thomas, de vider la maison et l'atelier de leur père qui vit désormais exclusivement à Londres.


Martin photographié dans son atelier à Londres.

N'ayant eu l'occasion de le rencontrer en personne et désireux d'en savoir un peu plus à son sujet, notre équipe s'est donc rapprochée de ses enfants.
C'est avec une grande gentillesse qu'ils nous ont fourni les informations qui suivent ainsi que les clichés récents, pris par  son fils photographe, Francis Hammond, qui illustreront à l'automne un article dans le magazine Scala Regia.

Martin Hammond, 1996.

Martin est né en Angleterre en 1931. Il étudie le dessin et la peinture au Royal College of Art de Londres ainsi que la céramique aux Beaux Arts avant de devenir professeur d'Art à son tour.

A partir de 1966, il réalise des cuissons bois dans sa maison Londonienne où il possède également un four électrique et un four à gaz.
C'est dans les années 70 qu'il découvre le Berry grâce à Svein Hjorth-Jensenet, céramiste à la Borne. Il s'y fait rapidement des amis  et s'y rend alors chaque été pour y faire de la poterie.

Dans l'atelier d'Humbligny.

En 1987, Martin s'installe à son tour près de la Borne et achète une maison à Humbligny où il y construit son propre four à bois ainsi que son tour de potier.
Si sa peinture est influencée par Cézanne et Matisse, ce sont les formes de Brancusi qui se retrouvent dans son travail de céramiste.


Four de Martin Hammond à Humbligny

Martin Hammond dans son atelier à Londres.


Martin Hammond, 1995.

Vase en grès à col aplati.

Vases de Martin Hammond et sculpture de Jacques Laroussinie.

Si nous n'avons pu effectivement rencontrer l'homme nous sommes ravis d'avoir rencontré l'oeuvre.
Martin Hammond ne viendra plus à la Borne et restera désormais à Londres entouré de sa femme Audrey -également peintre-, de leurs quatre enfants et 13 petits enfants...

Vase Femme en grès.


mardi 2 avril 2019

Boutique éphémère.



Le Strict Maximum est heureux de vous annoncer qu'il a pignon sur rue pour un mois ! Invité par Kim du site Le Vide Grenier d'Une Parisienne, votre SM a meublé les étagères avec une sélection de céramiques anciennes et contemporaines. On ne vous en dit pas plus, on vous laisse venir.

Du 2 au 30 avril
Pop Up Le Vide Grenier d'une Parisienne
7 rue Martel,
Paris Xe
du lundi au samedi - 10h/19h30


mercredi 20 mars 2019

L'OCE.



C'est un Strict Maximum en pleine forme que vous retrouvez aujourd'hui. Le ciel est bleu, le soleil brille et les oiseaux s'adonnent à de délicieux cui-cui, le tout raccord avec l'arrivée du printemps.
Vous parler d'oiseaux arrange fort bien nos affaires puisque le sujet du jour n'est autre que "L'OCE", autrement dit L'Oeuf Centre d'Etudes.
L'OCE c'est qui? c'est quoi?


Signature de L'OEUF (merci Tony)

Créé à Paris en 1962, L'OCE est un atelier de création multidisciplinaire  qui a pour but premier de mettre en place une possibilité de recherche de matériaux d'animation des surfaces architecturales.


Résidence, Paris 11e arrondissement.

Les créateurs choisissent comme nom "L'Oeuf" qui dans sa perfection géométrique associe grande résistance et apparente fragilité.
A cette époque, si les architectes trouvent aisément de nombreux matériaux pour la réalisation technique de leurs ouvrages, il n'en est pas de même pour les éléments spécifiques de décoration et d'animation.

 Paris , 15e arrondissement.

Autour de cette idée, Jacques Bertout, Jean Piantanida, Pierre Puccinelli, Roger Brusetti, Charles Miglierina, Charles Gianferrari René Edouard, Maurice François, Françoise et Maurice Idoux, Jean Souchal, Lazaretto et Pighin forment ensemble L'Oeuf centre d'études.
L'équipe ainsi composée d'architectes, de designers, de peintres, de sculpteurs et de mosaïstes, trouve de suite son vocabulaire stylistique autour d'une première exposition dans le hall d'accueil d'une société spécialisée dans le verre, la société Boussois. L'Oeuf venait d'éclore. COCORICO.


Signal d'entrée d'un immeuble Porte de la Villette.

Le bureau d'études est constitué de quatre groupes de travail. Le premier groupe s'occupe exclusivement de l'animation murale. Il conçoit des œuvres originales illustrant certaines parties de l'architecture. 
Le deuxième groupe se charge de la sculpture dans toutes ses formes. 
Le troisième est le groupe "design" qui a pour tâche de créer et d'organiser les produits qui sont fabriqués par l'industrie de façon semi-artisanale ou totalement industrielle.
Le quatrième groupe est voué à l'architecture intérieure.


Paris, 19e arrondissement.

Détail d'une mosaïque, Neuilly.

Si initialement les études portent sur le bois, la céramique et pâte de verre, elles s'étendent rapidement à d'autres matériaux comme l'aluminium, l'inox et le plastique.
L'OCE fait preuve d'une dynamique permanente dans les divers domaines de sa compétence.

Exécution d'une mosaïque en atelier.

La conception de mosaïques monumentales tient pendant 30 ans une place prépondérante.
Dès les débuts, les sculpteurs Jacques Bertoux et Charles Gianferrari réalisent ensemble des œuvres commémoratives ou ornementales. La première mosaïque réalisée à Chalon-sur-Saône est essentiellement composée avec la pâte de verre alors que la seconde, à Strasbourg cette fois ci, mixe déjà les pâtes de verre, la terre cuite et les marbres.


Exécution d'un panneau pour un hall d'immeuble, Paris 16e.

Les premières années, les mosaïques sont proches du figuratif mais l'équipe passe rapidement à la géométrie, thème des quelques 270 œuvres à venir.
Au cours des années 70 de nouveaux partenaires viennent rejoindre l'atelier, d'autres le quitte pour suivre des routes différentes. 

Panneau décoratif en cours de montage.

Si L'OCE est tout naturellement associé aux mosaïques, il l'est moins à la sculpture.
Les sculptures réalisées par le centre d'études sont de savantes organisations géométriques combinatoires de la sphère, du triangle du cercle et du carré, géométrie quand tu nous tiens!
Certaines sont constituées de blocs de bétons de formats différents utilisés comme des empilements de jeux de construction.


Sculpture, faculté des sciences de Bordeaux.


Sculpture en cuivre et inox, Paris 15e arrondissement.

Les sculptures réalisées en acier "Cor-ten", très prisé à l'époque, ne sont pas sans rappeler les créations de Berto Lardéra.
L'OCE s'intéresse particulièrement à ce matériau dont l'oxydation est une esthétique.


Sculpture en acier Cor-Ten, Lycée technique à Senlis.

Un L'Oeuf et une Poule.

L'OCE c'est également tout une game de matériaux et de décors muraux. La diffusion de ses créations est assurée par la société Islo. Cette gamme comprenait bons nombres d'éléments de grandes dimensions en liège comprimé, des reliefs en bois, des panneaux de céramique émaillée, des modules combinables en terre cuite, des revêtements utilisables en intérieur ou extérieur.


Eléments modulables modèle "Créteil"

Particulièrement créatif et touche à tout, le centre crée également des luminaires pour une filiale du groupe Mazda, des appareils sanitaires pour Villeroy et Boch, des poignées de portes en fonte aluminium et acier inox, une ligne de vaisselle en porcelaine blanche.
Durant la dernière décennie de son activité, le centre s'attaque même au mobilier urbain et sera diffusé par la société Cemusa à Madrid.


Eléments modulables modèle "Créteil"

Eléments modulables "Triangle"

A la fin des années 80, L'OCE réduit ses activités. Une équipe plus modeste s'installe à Montreuil. 
Elle se consacre essentiellement à la conception de nouvelles mosaïques aux motifs évoluant vers une rigueur constructive, des variétés de matières et de couleurs de plus en plus savantes et sophistiquées.


Hall d 'immeuble, Nogent.


Détail d'une mosaïque, Paris 18e arrondissement.

L'Oeuf centre d'études est ainsi pendant trois décennies un cas rare si ce n'est unique de collégialité dans le domaine de l'art monumental, du décor de la rue et de l'architecture.
Si en faisant de la céramique son activité principale, le centre d'études marque un véritable changement esthétique dans cette forme d'art ancestrale il ne répond nullement à la fameuse question: qui était là en premier, l'oeuf ou la poule?





jeudi 28 février 2019

Nuances de grès.


Le mois de mars commence avec une nouvelle exposition à Paris -"Nuances de grès"- mettant un Bornois à l'honneur. Il s'agit de François Maréchal, né en 1945, céramiste discret ayant fait ses marques auprès de Jean Linard et les Beaux-arts de Bourges dans l'atelier de Jean Lerat.
La Galerie Prisme présente 18 nouvelles sculptures réalisées à l'automne 2018 et cuites dans un four à bois récemment construit. Et qui de mieux placée que la galeriste pour parler de ce temps fort? (mais pas que!)



Chancelia Debraux, vous présentez le travail du céramiste François Maréchal. Comment définissez-vous son travail?

François Maréchal est un artiste discret, son travail -qu’il effectue à la plaque- est très structuré, presque architectural. L’idée du rétrécissement de la base donne à ses vases ou sculptures une autre dimension qu’il accentue par des effets de matière en mélant à sa terre du sable ou des graviers et en jouant sur les contrastes avec ses engobes blancs sur la terre noire. C’est pour cela que nous avons choisi ce titre « Nuances de grès » pour cette exposition.

Il y a un an et demi, la Galerie Les Modernistes devenait la Galerie PrismePourquoi ce changement après seize années d'activité?
Nous avons ouvert notre première galerie en 2002 dans le quartier d'Aligre avec comme fil conducteur le design d'après-guerre, les fameuses «trente glorieuses » Avec du mobilier, de la céramique et des luminaires. Parmi les designers présentés: Alain Richard, Pierre Paulin, Mathieu Matégot, René Jean Caillette, Charlotte Perriand, Pierre Guariche... la liste est longue ! En céramique, quelques pièces de Roger Capron, Georges Jouve, Jean et Jacqueline Lerat, Mado Jolain, Robert Deblander, et bien d'autres. Les modernistes évoquaient pour moi une époque, une ligne, le Bauhaus, l'architecture et cela collait bien aux scénographies XXème qu'on présentait alors à la galerie. Petit à petit, mes goûts pour la céramique ont pris le dessus sur le mobilier. Il fallait trouver un nouveau nom pour marquer ce tournant. Le nom des Modernistes nous collait à la peau, nous avons très vite trouvé Prisme pour évoquer le regard différent que chacun peut porter sur un même objet.



Avez-vous le sentiment qu'il y a un regain d'intérêt pour les oeuvres en céramique, que vous touchez une nouvelle clientèle de collectionneurs ?
La céramique fait partie du monde de l'art un peu partout en Europe, elle a tardé à accrocher le collectionneur français plutôt enclin à acheter du mobilier design, de la photo, des tableaux. En France, elle était réservée à un petit milieu de collectionneurs avertis. Depuis quelques années, un vent de « retour à la terre » semble s'emparer des nouvelles générations qui découvrent les possibilités infinies de ce matériau céramique à la frontière de l'art et de l'artisanat. La sculpture céramique ne s'est jamais aussi bien vendue...





Parmi les artistes représentés de manière permanente à la galerie, on trouve le couple de céramistes parisiens Andrée et Michel Hirlet que vous avez rencontré d'une manière plutôt atypique...
C'est en effet une vieille histoire qui remonte à 2004, Andrée Hirlet et moi étions assises l’une à coté de l’autre à l’hôtel Drouot. Novice, elle me questionnait sur le fonctionnement des enchères. De fil en aiguille nous nous sommes présentées, j’apprends qu’elle et son mari sont céramistes à Paris et je lui parle de mon métier. S’en suit une visite à la galerie. J'avais en vitrine un miroir en grès dont je ne connaissais pas le créateur, il s'est avéré qu'il était des Hirlet !
Cette rencontre est capitale dans mon parcours de galeriste. Je n'expose que des choses que j'aime, anonymes ou pas. Nous nous sommes revus dans leur atelier et l'idée d'une exposition s'est rapidement concrétisée. 40 sculptures en grès toutes époques confondues ont fait l'objet d'une petite rétrospective en 2005. Depuis, nous avons en permanence des sculptures du couple à la Galerie Prisme.

Les objets ont souvent des histoires, en avez-vous une à nous raconter sur l'un de ceux qui vous entourent à la galerie?
Il s'agit d'une sculpture des Hirlet justement. En 2009 en arrivant au 3 avenue du Père Lachaise, nous voulions mettre à l'honneur les artistes défendus depuis nos débuts à Aligre, et nous avions demandé aux Hirlet de nous créer une série de 30 bols pour l'inauguration.
Les plasticiens m'ont regardée un peu dépités car l'utilitaire n'a jamais été « leur truc ». Mais très imaginatifs comme ils sont, ils m'ont proposé de créer 30 pièces sur le thème du bol. Et sont sortis du four 30 magnifiques sculptures revisitant le bol.

Une exposition à nous conseiller ?
Vasarely à Pompidou, précurseur et résolument moderne !






"François Maréchal, nuances de grès"
Du 1er au 31 mars 2019 à la Galerie Prisme, 3 avenue du Père Lachaise, Paris XXème.
Vernissage vendredi 1er mars dès 16h en présence de l'artiste.